Abbaye de La Couture
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Abbaye de La Couture
Abbaye Saint-Vincent
1, rue des Résistants-Internés (1937-2002)
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Plan de l'abbaye de La Couture (3 T 13)

Les archives ont eu longtemps un rôle administratif fort, proche du pouvoir et des autorités de contrôle. La dimension historique est venue plus tard, avec la création de l’Ecole des chartes en 1821, et la nomination du premier chartiste en Sarthe en 1838 en la personne d’Edouard Bilard. Ce rôle administratif s’est traduit par l’installation des archives au chef-lieu du département, dans les locaux de l’ancienne abbaye bénédictine de la Couture dont la préfecture avait pris possession.
Le conseiller de préfecture Chesneau-Desportes, archiviste de 1800 à 1825, fit abriter les archives dans une vaste et claire galerie du premier étage.
Les documents issus des confiscations et centralisations révolutionnaires y furent progressivement réunis à partir de l’an V avant que ne vinssent régulièrement les y rejoindre ceux produits par l’administration préfectorale nouvellement mise en place. Ils devaient y rester plus d'un siècle.
L’avance des Vendéens rendit toutefois nécessaire le transfert provisoire à Chartres des archives déjà rassemblées.


Les galeries de l'abbaye de La Couture (3 T 13)

Rapidement la galerie utilisée par Chesneau-Desportes ne suffit plus aux besoins. Edouard Bilard (1838-1857) prit possession en 1853 de quelques salles de l'entresol, communiquant avec le premier étage par un escalier direct.
On les appropria au fur et à mesure des besoins, mais toujours le flot montant des papiers submergeait les rayonnages nouveaux, en dépit de ventes massives de papiers dénués d’intérêt historique.
Dès lors l’histoire des archives de la Sarthe est celle d’une recherche permanente d’espace disponible menée de front avec une lutte contre l’invincible encombrement des papiers.
En 1875, plus de 3 000 dossiers gisaient à terre. Une seconde annexe obtenue en 1876 par l’archiviste Bellée (1863-1878) en sous-sol ne fut qu'un palliatif dont ses successeurs sentirent toute l'insuffisance. Insensiblement, mais inexorablement, les versements des divisions de la préfecture s’amoncelaient dans les couloirs et commençaient à envahir les greniers.


L'abbaye de La couture (3 T 13)

Jules Chavanon (1896-1899), dans son premier rapport de 1896 notait que « depuis de longues années, les documents versés chaque année par les divisions de la préfecture sont empilés, à l’exception de quelques-uns, au grenier où ils ne peuvent être utilement consultés. Il y a là un gros obstacle au fonctionnement des services administratifs et il arrive souvent que ni les employés des Archives ni même ceux des divisions ne peuvent  retrouver les dossiers dont les bureaux ont besoin ».
Il rappelait en 1898 que « l’éternelle question de l’encombrement du dépôt se pose une fois de plus cette année. La vente annoncée de papiers périmés a eu lieu au mois de novembre dernier. Elle nous a débarrassés de plus de 19 000 kilos de papier inutiles, mais la place qu’elle a rendue libre est déjà tout entière occupée par une partie seulement des versements faits depuis quelques mois. Le reste a dû, comme à l’ordinaire, prendre le chemin des greniers et sera endommagé par la poussière et les mites avant que nous ayons pu songer à le classer.
J’ai tant insisté déjà depuis quatre ans, à l’exemple de mes prédécesseurs, pour réclamer l’agrandissement du local où il ne reste pas cent casiers de libres, que je ne sais plus dans quels termes le faire. Le conseil général s’apitoiera sans doute encore sur le malheureux sort des Archives et émettra, pour la troisième fois au moins, un vœu tendant à ce que la ville du Mans rende au département les salles du Musée et de la Bibliothèque pour que nous les utilisions…
 ».
Devant le manque chronique de place, on avait songé en effet dès 1875 à déloger le musée ou la bibliothèque de la ville, tous deux installés dans la préfecture, respectivement au rez-de-chaussée et au second étage.
Les galeries du musée, spacieuses, voûtées en pierre et d’un accès facile au public passaient, à l’époque, pour le local convenable par excellence pour les archives départementales. Mais pour cela il fallait que la ville construisît un édifice particulier, projet qui semblait ne pas faire partie de ses priorités.

 
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