 L'abbaye de La couture (3 T 13) |
Jules Chavanon (1896-1899), dans son premier rapport de 1896 notait que « depuis de longues années, les documents versés chaque année par les divisions de la préfecture sont empilés, à l’exception de quelques-uns, au grenier où ils ne peuvent être utilement consultés. Il y a là un gros obstacle au fonctionnement des services administratifs et il arrive souvent que ni les employés des Archives ni même ceux des divisions ne peuvent retrouver les dossiers dont les bureaux ont besoin ». Il rappelait en 1898 que « l’éternelle question de l’encombrement du dépôt se pose une fois de plus cette année. La vente annoncée de papiers périmés a eu lieu au mois de novembre dernier. Elle nous a débarrassés de plus de 19 000 kilos de papier inutiles, mais la place qu’elle a rendue libre est déjà tout entière occupée par une partie seulement des versements faits depuis quelques mois. Le reste a dû, comme à l’ordinaire, prendre le chemin des greniers et sera endommagé par la poussière et les mites avant que nous ayons pu songer à le classer. J’ai tant insisté déjà depuis quatre ans, à l’exemple de mes prédécesseurs, pour réclamer l’agrandissement du local où il ne reste pas cent casiers de libres, que je ne sais plus dans quels termes le faire. Le conseil général s’apitoiera sans doute encore sur le malheureux sort des Archives et émettra, pour la troisième fois au moins, un vœu tendant à ce que la ville du Mans rende au département les salles du Musée et de la Bibliothèque pour que nous les utilisions… ». Devant le manque chronique de place, on avait songé en effet dès 1875 à déloger le musée ou la bibliothèque de la ville, tous deux installés dans la préfecture, respectivement au rez-de-chaussée et au second étage. Les galeries du musée, spacieuses, voûtées en pierre et d’un accès facile au public passaient, à l’époque, pour le local convenable par excellence pour les archives départementales. Mais pour cela il fallait que la ville construisît un édifice particulier, projet qui semblait ne pas faire partie de ses priorités. |